Business story

« Plus d’espoir et plus de dynamique »

Rencontre avec Yves Gillet, président du groupe Keran, décryptages des réformes MACRON par un serial entrepreneur.

Président du groupe Keran, Yves Gillet est dirigeant d’entreprise depuis 1982. Face à une rentrée riche en bouleversements légaux, il décrypte pour Oratio Next Step leurs impacts dans l’entreprise et esquisse les nouvelles attentes d’un dirigeant en matière d’accompagnement juridique.

Les dirigeants d’entreprises semblent en faveur du cap adopté par le nouveau gouvernement, malgré une certaine appréhension dans la pratique. Comment jaugez-vous le contexte actuel ?

Pour faire partie de plusieurs réseaux de dirigeants d’entreprises (APM, dirigeants responsables de l’ouest), nous ressentons tout d’abord un contexte économique plus favorable, avec le bénéfice de plusieurs mesures déjà mises en œuvre. Sur le marché des collectivités locales, il reste néanmoins des interrogations, notamment en matière d’économies qui doivent être faites. Mais je sens à la fois une dynamique positive, une ambition pour le pays, et un alignement entre les intentions, le projet et les mesures adoptées. En tant que dirigeant d’entreprise, tout cela est de nature à me rassurer.

J’entends par ailleurs une volonté de partager et de contribuer à reformer le pays. C’est le moment, il faut y aller, quel que soit l’origine politique. Plus d’espoir et plus de dynamique, voilà ce que je retiens.

Certaines mesures impactent-elles directement votre entreprise ?

Je retiendrais en particulier l’orientation vers une meilleure négociation collective au sein de l’entreprise. Nous sommes actuellement en renégociation de notre accord sur le temps de travail et le fait d’entreprendre ces négociations dans un contexte de dialogue social est bénéfique.

Ensuite, je vois deux autres éléments impactant pour nous. Déjà, l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés, recherchée via la baisse des cotisations sociales au profit de la CSG. Vu que 70% de notre chiffre d’affaire concerne la masse salariale, une amélioration du pouvoir d’achat de nos collaborateurs par une baisse des charges me semble gagnant-gagnant.

Le deuxième élément est la baisse de l’impôt sur les sociétés. Bien qu’elle soit encore floue, l’impôt devrait passer de 33% à 25% durant le mandat, un très bon signal aussi pour l’entreprise.

Dans le même ordre d’idée, certaines mesures ont elles induites une anticipation ou une mise en conformité dans votre entreprise ?

Pour l’instant, nous avons mis les services supports en action. Sur le Régime Général de la Protection des Données (RGPD) par exemple, nous avons eu recours à un prestataire conseil afin d’aider notre DSI dans la procédure de mise en conformité. Sur les ordonnances Macron, nos DRH sont actuellement en formation en attente des décrets, mais le volet opérationnel ne sera ouvert qu’à l’instant où les choses seront définitives. De manière générale, j’essaie d’avoir une démarche d’accompagnement avec les délégués du personnel pour mettre tout le monde en mouvement. On a l’opportunité de renforcer notre dialogue social et je souhaite donc que tout le monde soit partant.

Au vu du contexte, vos attentes en tant que dirigeant d’entreprise ont elles évolué vis-à-vis des cabinets d’avocats ?

J’apprécie le conseil en amont et les retours d’expériences. Je trouve qu’il y a un enrichissement global dans l’échange régulier avec ses pairs, mais aussi avec les avocats, avec bien sur toute la confidentialité qui va avec. On peut certes être amené à gérer des litiges, mais il me semble que plus on a travaillé en amont, plus faible est le risque de litige. Dans un monde qui bouge beaucoup, il existe aujourd’hui une diversité de situations, supposant une diversité de réponses, ce qui suppose une vision à la fois structurelle et transversale des problèmes. En tant que chefs d’entreprises, nous devons nous adapter aux évolutions sociétales actuelles. Je pense qu’il en va de même pour les cabinets de conseil. Il faut qu’ils suivent le rythme.

Selon vous, quel est le prochain chantier prioritaire dans l’entreprise ?

L’Europe constitue un vrai défi selon moi. D’avoir des comportements, des règles qui soient compatibles entre les différents Etats membres, voilà le vrai enjeu. Avec les capacités d’échanges actuelles, nous devons collectivement être préparés autour d’un cadre commun. Rapport au travail, digitalisation et Europe me semblent être les trois fondamentaux de l’économie de demain.

A propos de Keran

Acteur de référence du conseil et de l’ingénierie en aménagement du territoire, le gourpe Keran compte aujourd’hui plus de 500 collaborateurs et intervient dans une vingtaine de pays, notamment en Amérique du Sud, Afrique, Europe du Sud-Est, Asie et Moyen-Orient.

 

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